Derniers articles
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Tentative de suicide
Vu à Bondy. 21 heures, nous discutons dans le hall. Que des gars sympas, raisonnables. Une fille commence à hurler au balcon de son appartement, au 9ème étage de la tour d'en face. Elle franchit la barrière, crie qu'elle va sauter. Tout le monde dans la rue lui dit de ne pas le faire, certains montent pour "la ceinturer", d'autres détournent le regard. Ils ne veulent pas voir ça. Après cinq minute de drame, nous appelons les pompiers et la fille rentre chez elle. La police arrive, les pompiers aussi. Et le frère de la suicidaire nous rejoint:
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Restos du cœur
À Bondy, cela fait 20 ans que les Restos du cœur distribuent à manger, des couches pour bébé et, exceptionnellement pour Noël, des jouets. Le mardi, c'est "le jour des grandes familles". La file d'attente, dehors, dans le froid, est longue et dès que la porte s'ouvre, on se presse pour passer en premier. Chaque année on donne ici des repas pour 2000 personnes des environs (quatre villes sont concernées). Du côté de la distribution, on trouve des bénévoles, souvent retraités et français de souche, dont un Francomtois qui a longtemps travaillé à Porrentruy, la ville dans laquelle j'ai grandi. Dans la file d'attente, c'est des années d'immigration qui s'entassent. Des femmes seules, des pères de famille, propres sur eux. Du Maghreb, d'Afrique, quelques Européens de l'est. Rien à voir avec les SDF que l'on imagine aux restos, mais un concentré d'une fracture sociale généralisée en France. Ici, elle saute aux yeux: d'un côté de la table les Blancs, de l'autre le reste du monde.
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Incroyable ?
Cette éruption concrète de la violence des banlieues dans la vie plutôt calme que je menais depuis quelques jours me secoue. Il faut dire que j'avais adopté un point de vue plutôt naïf. Jusqu'ici, j'avais l'impression de ne m'être fait que des amis, je vivais la normalité des cités, des sorties en boîte marrantes à la messe dominicale. J'avais même oublié cet ado qui lors de mon arrivée avait crié, de loin, "arrêtez de faire les mythos sinon on va venir vous brûler". Cette violence agite aussi nos contacts sur place, des enfants du coin qui se sentent personnellement attaqués. "Pour moi c'est incroyable, dans le sens fort du terme, je ne peux pas y croire comme je ne pouvais pas croire au tsunami", lance Mohamed, dirigeant du club de foot qui nous héberge.
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Agressé
Une lectrice du blog se réjouissait: Nous ne parlons pas de la banlieue à travers les jeunes qui volent des sacs à main. Mais voilà, c'est arrivé. Hier soir, vers neuf heures un gaillard, la vingtaine, sonne à la porte du local dans lequel je dors depuis jeudi. Il veut savoir si aucun membre du club n'est là. Je lui dis que non. Une demi-heure plus tard, il revient. Sonne. J'ouvre à nouveau. Mais cette fois-ci il est accompagné. Un autre, masqué, surgit de derrière le mur. Je tente violemment de refermer la porte mais ils la bloquent, tendent un bras et giclent du gaz lacrymogène dans toute la chambre. Ils poussent la porte, je la retiens en appelant à l'aide. Je frappe de toutes mes forces avec l'épaule. Effrayés par les cris ou blessés par la porte, ils partent après une minute de lutte qui m'a paru une heure.
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La messe à Bondy nord
Hier je suis allé à la messe. Ça faisait très longtemps. Dans mes souvenirs, je voyais ça autrement. Il y a le cadre, tout d'abord. Moi, c'était à Porrentruy – toute petite ville du Jura suisse – dans une église en partie médiévale et plus haute que tous les autres bâtiments alentour. Ici, à Bondy nord, la cité la plus impressionnante de la commune, les énormes barres d'HLM entourent et surplombent un cube en béton surmonté d'une croix. À l'intérieur, les poutres en métal font penser à un hangar.
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La rumeur reBondy
La rumeur revient dans la bouche de plusieurs jeunes. Elle disait que les "cagoulés" filmés (ou photographiés la rumeur varie) par des journalistes américains devant l’incendie du Mondial Moquette étaient payés. Le maire lui-même l'a dit lors d’une rencontre officielle. Les "cagoulés" viennent de la cité "de Lattre" au bord de la RN3. Lors de la même rencontre, le maire a dit que certains élus locaux avaient demandé à Sarkosy et au premier ministre d’utiliser des balles réelles sur les incendiaires. Tendus, les jeunes, tendus…
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Bondy party 3… Ou la banlieue qui va bien.
Contrairement à Sébastien, Sadjo, 26 ans, aime sortir à Paris. Pratiquement tous les vendredi, il "part dans un mouvement au Roxy's " avec Yacouba, informaticien, et Alex, assistant d'éducation. Dans ce bar, Stickee, un de leurs amis "du coin", s'occupe du "soundsystem". En résumé, il passe des disques et il chante. Reggæ, ragga, une pointe de rap et la boîte prend feu. Dans le bon sens du terme.
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Bondy party 2
Pour Mohamed, animateur de jeunesse, pratiquement personne ne sort à Bondy. "Quand ils sortent, les jeunes vont à Paris. Si une fille sort à Bondy, qu'elle veut un peu se maquiller, s'habiller, on la prend pour une fille facile. Et de toute façon, quand on sort, on n'a pas envie de voir la gueule du voisin." Plus tard, Sadjo, 26 ans, confirmera: "Ils ont condamné la station Esso ou quelques personnes se réunissaient pour boire un verre. Maintenant il n'y a vraiment plus rien. Et les filles n'aiment pas sortir en banlieue, ne serait-ce que pour leur sécurité. En plus, il y a une mauvaise mentalité à Bondy. Si une fille porte une minijupe, c'est automatiquement une salope. À Paris, elles peuvent faire ce qu'elles veulent."
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Quand un Suisse « monte » à Paris
Quand un Suisse "monte" à Paris, il prend le TGV. Et le TGV lui fait le plaisir de traverser les banlieues à toute vitesse et de ronronner comme un avion. Quand un Suisse arrive à Paris, il prend le métro. Et le métro lui offre de jolies Parisiennes habillées dernier cri et des arrêts aux noms familiers (Bastille, Louvre). Mais là, pour aller à Bondy, on prend le RER.