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Ma banlieue, je t’aime
"Ils ont raison qu'ils ont tort. Ils se sont attaqués aux personnes et, maintenant, les gens ils sont contre eux". A 11 ans, Tarik a une opinion bien précise sur ce qui s'est passé ces dernières semaines dans les banlieues. Comme ses quelque vingt camarades assis en rond autour de moi. Saïd (14 ans), Samy (11), Sonia (10) Maïssan (12 ans), Sofia (11 ans) et tous les autres se rendent tous les jours à l'AEPS (Activités éducatives périscolaire) au centre de loisirs Edouard Vaillant.
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Devoirs sous surveillance
Il est dix-sept heures au centre de loisirs Edouard Vaillant à Bondy Sud. Faten et Inès préparent la liste des élèves et le cahier des sanctions. Même si les AEPS (les Activités éducatives périscolaires ont été mises en place par la Mairie) ne sont pas obligatoires, les élèves qui y sont inscrits ont intérêt à respecter le règlement. Pas de retard au-delà de 20 minutes, respect de l'autre et des adultes. "Une bagarre c'est l'expulsion directe", complète Inès.
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Commérages au coin des pleurnicheries
"Venez Madame, nous aussi on voudrait vous parler". Le jeune homme qui m'interpelle ainsi se surnomme Babibell. Il discute avec trois ou quatre hommes dans une petite pièce vitrée, à l'entrée de la maison de quartier Daniel Balavoine. "C'est le coin des pleurnicheries et des commérages. Le seul coin où les jeunes peuvent se réunir. Partout ailleurs, dans les cages d'escaliers par exemple, cela nuit", m'explique Mohamed, animateur de jeunesse, l'Algérien qui l'autre jour me confiait refuser la nationalité française.
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Un vide-grenier pour le Téléthon
"Nous trouvons important que les personnes ne soient pas toujours dans le recevoir mais aussi dans l'échange. C'est quelque chose que nous développons de plus en plus", explique Marie-Claire Cysique, la directrice de la maison de quartier Daniel Balavoine. Le Téléthon est donc l'occasion de mettre cet intéressant principe en pratique. Ce dimanche, de 6 heures à 18 heures, aura lieu un vide-grenier. C'est une première à Bondy Nord, l'œuvre d'un comité de neuf bénévoles. "La notion de solidarité est fondamentale, nous voulons sortir les gens de l'individualisme. Les moins favorisés qui donnent à des personnes encore moins favorisées, cela n'arrive pas tous les jours", explique encore la directrice. Une idée toute simple mais porteuse d'une transformation des mentalités. Au cours de mes interviews, combien de fois ai-je entendu la litanie: "L'Etat ne nous donne pas ceci, l'assistante sociale ne fait pas cela…" Et eux font-ils vraiment tout pour s'en sortir?
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Lorsque les huissiers confisquent tout
"Les huissiers sont venu le 21 septembre, ils m'ont dit de partir. L'assistante sociale m'a logé pendant 15 jours et puis elle m'a dit: "Débrouillez-vous!" J'habite chez une amie avec mes trois enfants de 13, 9 et 8 ans". Dolly vient du Congo, tout comme Marie-Jeanne, la maman de Julia dont le père est en Suisse. Ce lundi après-midi, j'ai promis d'emmener Marie-Jeanne, chez les "femmes relais" du centre Daniel Balavoine. Elles pourront peut-être l'aider.
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Tony veut mettre le feu à l’hôtel
"Lundi, tirez-vous tous, parce que je vais mettre le feu à l'hôtel". Ce soir, Tony est furieux. Il s'est adressé à moi et à un locataire permanent. Il a la haine. Il hésite entre mette le feu à l'hôtel ou à sa femme.
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La police a abattu mon petit frère
"Lorsque j'ai vu mon frère couché dans le champ, j'étais choqué, complètement perdu. Aujourd'hui encore, plus de deux ans après les événements, je suis choqué. Je le serai tant que je ne saurai pas la vérité. Sur place, il y avait des flics en civil. Ils m'ont dit: "Comme se fait-il que tu sois si calme? Cela se voit sur ton visage que tu vas faire quelque chose. Ne fais pas de conneries. Sache que l'on te retrouvera toujours, même dans vingt ans". Si Reda est choqué, il dit aussi avoir la haine de ces flics qui ont descendu son frère comme un chien. "Ce sont eux les voyous. Nous, les jeunes de la banlieue, nous ne sommes que des pions". Si seulement Mokhtar n'avait pas écouté le petit gitan.
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Reda est blessé
Lors de la première mi-temps, Reda a été vilainement blessé. Un coup de crampons d'un joueur adverse. Il souffre beaucoup mais serre les dents. Nous l'avons porté dans les vestiaires. Mimi lui a appliqué "un coup de bombe" pour glacer sa cheville. Le concierge du stade veut appeler les pompiers. Mimi lui dit que ce n'est pas la peine. Je fouille dans mon sac à la recherche de mes globules homéopathiques à l'arnica. C'est limite ridicule, mais avec mes fillettes, ça marche. Le blessé est d'accord d'en avaler. Je lui donne le reste du petit flacon. Reda est le jeune homme que Serge, mon collègue, cherchait à voir. Il lui a posé un lapin plusieurs fois. Son frère a été tué par la police alors qu'il était assis dans une voiture volée. Reda est d'accord de me raconter son histoire et celle de son frère.
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La défaite du Racing Club Blanqui
"Ca sent la défaite par forfait avec une petite bagarre, ou la défaite pour cause de retard". Au volant de son monospace, Mohammed, président du Racing Club Blanqui (26 gars dans la vingtaine) est nerveux. Une fois de plus, ses gars n'étaient pas à l'heure au rendez-vous. Soyons cléments, le dernier est arrivé avec 40 minutes de retard. "Et dire que les autres sont en train de s'échauffer depuis 5 ou 10 minutes!" Radouane l'entraîneur raconte: "Une fois, nous avons été en chercher un chez lui. Il était en peignoir. Il sortait du bain!" Hier, Mohamed a dû acheter des gants pour le match: le gardien est parti avec. C'est un joueur qui va s'improviser gardien. "Ils ne s'inquiètent même pas de savoir si l'équipe est complète ou non. Pire: ils ne viennent pas à l'entraînement et veulent jouer le week-end!" regrette Mohammed. Mais apparemment, cela ne sert à rien de leur faire la morale. Mohammed - dit Mimi - a déjà tout essayé. "C'est un manque de respect. Et dire qu'ils ont tout: des maillots propres qui sentent bon, de la crème s'ils se font mal, des ballons. Mais même venir, ils ne le font pas!"