Derniers articles

  • Coups de feu au Kef, panique à Poissy

    En prenant le téléphone, je mourrais d’envie de savoir ce que mon oncle, de sa petite maison du Kef, dans l’ouest tunisien, pensait de l’après-Zine mais aussi des événements en Egypte. A tort ou à raison, les Tunisiens font maintenant office de pionniers parce qu’un jour d’hiver, ils décidèrent de reprendre une liberté dont on les avait injustement spoliés. Le réseau est faible et Oncle Mohamed, ce lundi 7 février, hurle en décrochant son Nokia 3310, comme si ses cris pouvaient combler le millier de kilomètres qui nous sépare, lui là-bas, moi à Poissy.

    Par Bondy Blog
    Le 09/02/2011
  • Master d’histoire : le C.A.P. Louis XIV

    Avec le recul, j’ai sous-estimé l’importance de l’année de terminale. Ce qui comptait, c’était le baccalauréat, et décrocher le précieux sésame pour l’université. Mon eldorado. J’ai été bercé par les illusions du système français, à savoir qu’un diplômé est une élite ; et qu’une élite ne tombe jamais en désuétude. Je n’avais ni grand-frère, ni grande sœur, ni parents capables de m’éclairer, quand bien même je pensais que tout était clair. Alors, sur le minitel (pour ceux qui connaissent) et mon dossier d’orientation, j’ai choisi le droit parce que d’une part j’étais nul en sciences et que, d’autre part, j’aimais bien le côté prestigieux de la discipline. Pour faire quoi ? On verra en cours de route.

    Par Bondy Blog
    Le 08/02/2011
  • Portrait nocturne d’une jeunesse dorée

    Un vendredi soir. Dans cette célèbre boite de nuit parisienne, entre à peu près qui veut, même s’il a 13 ans. L’âge n’est pas un critère. La richesse, oui. Les videurs connaissent les dernières tendances des enfants au compte en banque bien garni. Cet hiver, c’est grosse doudoune, énorme fourrure sur le pourtour de la capuche et bottes fourrées qui ressemblent plus à des pantoufles pour se promener chez soi, quand on a froid. Ces vêtements ont un prix. Bien 700 euros l’ensemble, voire plus.

    Par Bondy Blog
    Le 08/02/2011
  • Au Caire : « Des hommes armés sur mon palier. J’hurle »

    Houria est une enfant du Sud, de Marseille. Houria sourit tout le temps. Chez elle, le bonheur, c’est un travail d’équipe ; ses yeux clairs et sa voix douce accompagnent son sourire coloré.  Il faut la voir parler de l’Egypte, de son appartement au Caire, de ses voisins, de la bonté des Egyptiens, de leur chaleur. L’Egypte, on l’aime ou on la quitte. Très vite. Houria décide d’y rester. Encore quelques mois. Un peu comme lorsque l’on reprend une-toute-petite-part-de-gâteau-au-chocolat-trop-bon.

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    Le 07/02/2011
  • « En France, on ethnicise tout »

    Dans son ouvrage Vers un multiculturalisme français: l'empire de la coutume, Jean-Loup Amselle n'y va pas avec le dos de la cuillère. La vision de cet anthropologue sur le multiculturalisme français (qui vient à l'origine du Canada et non des Etats-Unis) a de quoi inquiéter. Pour comprendre comment le multiculturalisme se développe en France il faut remonter à la période coloniale. « Durant cette période la France est entrée en contradiction avec ses principes de droits naturels et les droits de l'Homme. Les différentes expériences montrent (notamment en Egypte et en Algérie) une gestion ethnique basée sur la distinction entre Berbères et les Arabes en Algérie, en Egypte : les Mamelouks, les Arabes, Juifs et Coptes. »

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    Le 05/02/2011
  • Sport et banlieues : courir n’est pas tout

    Du sport citoyen. C’est tout ce dont rêve Jean-Philippe Acensi, délégué général de l’APELS (Agence pour l’éducation par le sport), qui a remis hier son rapport au Sénat. Selon lui, il est urgent de remettre en question la place du sport dans la société, et particulièrement dans les quartiers populaires : « Le sport seul ne peut pas être vecteur d’insertion sociale. Soyons pragmatiques : il faut l’accompagner d’un engagement citoyen. »

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    Le 04/02/2011
  • Pétards, mitraillettes et cotillons à Belleville

    Belleville. Un quartier où tout est possible. On peut s’attendre au meilleur, comme au pire. 8h30. Mes paupières encore closes laissent pénétrer les premiers rayons du soleil. Après toute cette pluie, il décide enfin à pointer le bout de son museau ! Bien nichée sous la couette, je me prélasse encore un peu. « Encore cinq minutes » me dis-je. Quand tout à coup un boucan infernal me projette sur un champs de bataille. Plusieurs explosions, des bruits semblant provenir d’une centaine de mitraillettes et un nuage opaque arrive jusque devant ma fenêtre. Les meubles tremblent, une bouteille d’eau vide tombe de la commode. Je ne bouge plus. Pense à l’assurance habitation. Au fait que je ne pourrais pas sortir, surtout pieds nus dans mon magnifique pyjama. A mes parents à qui je voulais dire « je vous aime », à mon propriétaire à qui je n’ai pas encore réglé le loyer.

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    Le 04/02/2011
  • Rachid Santaki, caillera à l’ancienne

    Il est 15h30, j'ai rendez vous sur les quais de Seine à Saint-Denis, à deux pas de la gare SNCF. A l'entrée de l'immeuble, Rachid Santaki m’accueille. Une baraque de 37 ans habitant la Courneuve, le regard franc, un air sérieux avec ses lunettes,  il me salut d'une poignée de main vigoureuse en m'invite à le suivre dans ces anciens bureaux du groupe Alstom transformés en ateliers d'artistes. C'est un de ses points de repères. A l'étage, dans un petit local de graffeur, on s'installe sur un canapé, un jeune est concentré sur son montage vidéo. L’auteur du polar Les anges s’habillent en caillera, commence alors son récit.

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    Le 03/02/2011
  • « On est un peu barjots » au pied de Montmartre

    A 67 ans, Michel prend littéralement ses délires pour des réalités ! « J’ai commencé à faire l’andouille après mon certificat d’études en apprenant la charcuterie à la Châtre (Indre). Après l’armée, avec mes gros sabots, je suis monté à Paris et j’ai monté ma charcuterie en 1967, au 20 rue Lepic. En 1975, je trouvais malheureux que les commerçants ne se connaissent pas entre eux, alors avec deux autres fous on a crée l’association Lepic-Abbesse commerçants. J’allais chercher Maryse d’Europe 1, aujourd’hui Mme Gildas, je posais les sonos sur ma R16 TX et on faisait des animations. »

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    Le 03/02/2011