Derniers articles
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12h24, vol Castelbajac, embarquement immédiat
C'est une carlingue blanche, posée près d'un pont. C'est en fait un avion, qui n’a pas d’ailes. Ici, rien ne se passe comme ailleurs. On présente son passeport, sans enregistrer ses bagages. On entre, on pousse, on se presse pour avoir les meilleures places, celles où les oreilles ne siffleront pas en plein vol. C'est un Airbus ou un Boeing avec mille ou peut-être deux mille sièges. Mieux vaut attacher sa ceinture, parce qu’aux commandes de l’appareil, il y a Jean-Charles de Castelbajac, un chevalier ciel. Ça promet des loopings et des tours dans les airs.
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Isabelle Adjani, reine de la laïcité
Parlons de la laïcité. Parlons des gens qui l'ont faite, des gens qui l’ont rejetée, de ceux qui l'attendent encore, de ceux qui n'en veulent plus. Parlons de la laïcité, inscrite dans la constitution. Vendredi soir. La pluie mouille Paris, les lustres des salons de l’Hôtel de Ville scintillent. La journaliste et essayiste Caroline Fourest discutaille avec le réalisateur Jean-Paul Lilienfeld (« La journée de la jupe »). Chacun prend place. Un gars, devant nous, dit à sa voisine : « J'ai bien vu qu'au Maroc, la laïcité n'était pas... (on n’entend pas la suite). »
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New York chéri, France moisie
Prenez-le comme vous voudrez : comme une histoire (même tirée par les cheveux), comme un réquisitoire, comme un pamphlet, comme un cri venu du fin-fond de nos tripes. Nous vous écrivons entre New York et Paris. Croyez-nous, peuple français, individus inconnus, immigrés avec ou sans papiers, travailleurs ou chômeurs, retraités ou préretraités, manifestants ou coursiers, Aborigènes de Papouasie qui lisez ces lignes, nous pleurons de chaudes larmes d'avoir quitté New York. D'avoir quitté la si grande, la si brillante, la si fabuleuse Amérique. La Terre où l’on se risque le cœur battant, celle qui fait rêver...
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La Strada chez les Roms
Le soleil brille de mille feux, mais il caille. Près du passage Dupont, un bar est ouvert. Dedans, on parle en portugais. Deux hommes s'embrouillent. Un peu plus bas, un restaurateur balaye sa terrasse, on l'alpague : « Vous connaissez le passage Dupont ? » Il connaît, nous l’indique. Au milieu d'un labyrinthe urbain, on trouve le passage. Des mecs discutent en romani. On les salue. Le soleil s'infiltre difficilement jusqu'ici : c'est une toute petite ruelle de la Plaine-Saint-Denis.
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Romain Gavras, le « che » des roux
Il y a un jacuzzi, et dans le jacuzzi, une femme lovée dans les bras mouillés de son mari. Patrick (Vincent Cassel), en peignoir blanc, arrive. Il ouvre son peignoir. Il pisse dans le bain. Puis s'y glisse. Le couple est terrorisé. La femme s'agrippe davantage à son mari. Patrick, dans l'eau qui fait de grosses bulles, se masturbe. Il éjacule, devant eux. Un sourire narquois se dessine sur son visage. Voilà l'une des scènes du premier film de Romain Gavras, « Notre jour viendra », actuellement à l’affiche.
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Le roman du Ramadan
4h27. La journée commence si tôt. Le ciel n'est encore qu'une vaste toile noire. A cette heure-ci, habituellement, la maison dort. Mais ce matin, les lumières sont allumées. Et une certaine agitation est palpable. Dehors, il pleut. Dans la cuisine, Mémé a dressé la table. Il y a du fromage, du pain, de la confiture, du jus. Lyès, l'adolescent qui voit depuis quelque temps de gros boutons purulents pousser sur son minois, a atteint le stade du sommeil paradoxal. Mémé sait pertinemment que le gamin ne se lèvera pas. Il ne se lève jamais, d'ailleurs. Il jeune sans manger le matin, jusqu'au soir. Mémé s'est installée à table. Seule, elle a bien dû s'empiffrer une tonne de pain Jacquet et un bon kilo de pêches achetées au marché.
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Et au milieu coule une fontaine…
Fermez les yeux, même les moins de 18 ans. Vous êtes dans un hammam. Les femmes sont nues sous leurs serviettes trempées. Des perles de sueur roulent sur les corps exaltés. Il fait chaud. Leurs cons suffoquent et leurs mains miment des gestes si naturels. L'une raconte. Les autres écoutent, ébahies. Envahies sous les détails excitants de la conteuse.
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Croisette et starlettes à Villepinte
La grille du collège s'ouvre. Des élèves sortent. Ils courent. Ils marchent. Ils crient. Ils s'amusent. La grille du collège se referme. Dans la cour, il y’a une élève qui tente de mettre son casque de vélo. Le professeur porte une veste orange. La demoiselle dit : « Monsieur, j'ai une tête trop grosse, elle rentre pas là-dedans ». Le professeur sourit, narquois, il réplique : « Ça, j'te le ferais pas dire ». La donzelle se vexe à peine. Et grimpe sur son vélo. Quelques gamins sont sur un banc. Ils parlent. Jusqu'ici rien d'anormal (bon, à part les vélos dans la cour). Un collège, comme partout, comme ailleurs.
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Jean-Charles de Castelbajac, l’histoire d’un Bambi soldat
Il reçoit dans son atelier, rue Vauvilliers, près des Halles, à Paris. Sa femme est là, en photo, à côté. Jimmy Hendrix est là aussi, peint sur de la soie. Une grenouille en peluche. Deux bouteilles. Un stick de colle. Un tampon. Des feutres. Des crayons. Peter Pan à la fenêtre. Andy Warhol sur le […]