Derniers articles
-
En pension chez mon cousin d’Angleterre…
Nous, enfants d’immigrés, avons des parents qui possèdent la menace ultime. Celle qui nous fait pâlir et peut même nous faire cauchemarder. Une connerie un peu plus grave que d'habitude, et entre deux claques et trois coups de ceinture, le daron nous dit : « Si ti recommonces ji t’onvoie au blid ti souite, spice di con ! » Il n'en faut généralement pas plus pour que nous nous calmions.
-
La Feria de Séville touchée par la grâce andalouse
« Tócala, tócala, tócala, toca las palmas. Por sevillanas, baila gitana con ese duende español. » (Frappe, frappe, frappe, frappe dans tes mains. Danse, gitane, ces sévillanes, avec toute le génie de l'Espagne). Cet extrait d'une des sevillanas (un des nombreux genrer du flamenco) les plus populaires reflète toute la joie, la fête et l'art qui entourent cette danse. À Séville, les sevillanas sont l'étendard de la culture folklorique et le meilleur moment pour en profiter est la Feria de abril (Foire d'avril).
-
Londres : « Rien à voir avec les émeutes françaises de 2005 »
Mercredi soir, pour la première fois depuis quatre jours, Londres renoue avec le calme après plusieurs nuits d’émeutes. Tout a commencé avec le décès de Mark Duggan, 29 ans, qui a trouvé la mort dans un échange de coups de feu avec les forces de police. Depuis, la capitale britannique s’est embrasée. Des scènes de saccages et de pillages ont eu lieu à Tottenham, le quartier multiethnique d'où est originaire Mark Duggan, et plusieurs morts sont à déplorés depuis que les émeutes se sont propagées.
-
Une prière géante pour guérir l’Amérique
Vous aimiez George W. Bush. Vous adorerez Rick Perry ! L’ancien président est une fillette à côté de l’actuel gouverneur du Texas. Perry, qui est aussi candidat non déclaré à la candidature républicaine à la Maison blanche, a organisé samedi 6 août une gigantesque prière collective pour guérir l’Amérique de tous les malheurs qu’elle rencontre. Il avait choisi pour décor le Reliant Stadium de Houston, un stade de 74.000 places qui accueille d’ordinaire un autre genre de pratique religieuse : les matches de foot américain.
-
Avec les clandestins tunisiens à la soupe de Stalingrad
Lampedusa fait déjà partie du passé pour Bachir. Pourtant, les camps d’infortune de l’île italienne semblent l’avoir suivi jusqu’à Paris. « Cela fait un mois et vingt jours que je suis arrivé ici », raconte ce Tunisien de 26 ans, originaire de Tunis. Tout en regardant la queue qui s’allonge pour un repas chaud, il parle de la « chambre » qu’il occupe dans un foyer de la capitale depuis presque deux semaines, de l’ambiance cosmopolite qui y règne : « Il y a des clandestins de tous les pays, des Pakistanais, des Egyptiens et des Tunisiens, mais pas trop. »
-
« Depuis quand Oujda est en Algérie ! »
Oujda, ville du nord-est Marocain, est à deux pas de l’Algérie. Durant mon dernier séjour au Maroc, je me suis rendue sur cette frontière qui fait tant parler d’elle. La route qui y mène est quasi-déserte ; une maison par-ci, un café par-là. La frontière est plus loin de la ville que je ne le pensais. Il est nécessaire de prendre sa voiture, quelques dizaines de kilomètres tout de même. Arrivée au fameux lieu, je m'aperçois qu’il n’y a rien d’impressionnant. C’est vide ! Un barrage, un poste de police et une pancarte qui indique que les photos sont interdites et surtout un panneau marquant l' interdiction de passer la frontière. Elle est fermée à tout trafic depuis 1994. Une date ancrée dans les mémoires. Alger avait fermé la frontière cette année-là après que Rabat eut imposé la délivrance de visas aux Algériens, suite à l’attentat perpétré contre l’hôtel Atlas-Asni, à Marrakech, par deux Algériens de France.
-
L.Tzack de Fez : l’amour du rap et du roi
Aux portes de la Médina de Fez, ce gigantesque dédale qui abrite 250 000 âmes, classé au Patrimoine de l’Unesco et qui nous fait prendre place dans une machine à remonter le temps, des jeunes au look « american ghetto » tournent un clip. Le contraste est saisissant. Dans la médina, à deux pas, les artisans tanneurs reproduisent des gestes et des savoir-faire ancestraux et des femmes aux tenues traditionnelles tentent de se frayer un passage dans les rues étroites ou seuls les ânes peuvent accéder.
-
Messe gospel à Harlem : j’allais pas manquer ça
Le gospel, pour moi, c'était « Sister Act » où des femmes en tenue orange et violette chantent « Oh Happy Days » et tapent dans leur main. Ce qu'on en voit dans les films, quoi. Dimanche, jour du Seigneur, je me suis levé tôt pour aller dans Harlem assister à une messe gospel. En vrai, pas au ciné. Sur le net et dans tous les guides, ils proposent d'aller à l'Abyssinian Baptist Church, qui est super ultra touristique et où l'on doit faire la queue pendant 2 heures pour ne se retrouver, disons-le franchement, qu'avec des Blancs, alors qu'on est au milieu de Harlem.
-
Ma mère dans l’enfer des camps khmers rouges
17 avril 1975, à Battambang, province natale de ma mère. Celle-ci avait 19 ans lorsqu’elle et sa famille ont rencontré les Khmers rouges pour la première fois. Vêtus de noir, ils étaient souriants mais armés. Ils venaient de prendre le pouvoir au Cambodge et tenaient des propos de paix réconfortants. C’est en partie ainsi qu’ils ont réussi à vider la capitale et les autres grandes villes de leurs habitants pour les amener vers les campagnes et les forêts. Ma mère se souvient très bien de ce premier contact : « Ils disaient que la paix était revenue et que le roi (Norodom Sihanouk) aussi allait revenir. » La foule était pleine de joie, croyant accueillir ses « libérateurs ».